Anna Karénine de Léon Tolstoï (14 sur 207)

Deuxième incursion dans la littérature russe, avec quelque chose de plus « classique » que Boulgakov, à savoir Anna Karénine, de Léon Tolstoï publié en 1877.

Je ne ferais pas un résumé des plus pertinents, parce que je n’aime pas trop ça, aussi me contenterais-je de livrer quelques phrases qui m’ont plus et quelques avis sur les personnages.

L’incipit d’abord,repris dans l’élégance du Hérisson,  » Toutes les familles heureuses se ressemblent mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon ».

Quel commencement ! De là découle tout le livre, et de là on comprend qu’on ne va pas lire une histoire heureuse. Ne pas lire de littérature russe si l’on est déjà mélancolique.

Autre complication outre le ton peu joyeux en général du roman, les noms russes. Que de complications, de surnoms, d’appelations diverses pour un même personnage. On passe de Stepane Arcadievitch Oblonski, appelé Oblonski, ou Stiva, le frère de l’héroïne à Constantin Dmitrievicth Levine, le plus souvent appelé Levine, et j’en passe…

Autre fait déroutant, il se passe un certain temps avant que l’héroïne apparaisse vraiment. Le roman commence par le désordre qui règne dans la famille d’Oblonski, le frère d’Anna, dont la femme a découvert qu’il la trompait.

Dans tout le roman, j’attendais avec impatience les apparitions de Lévine, qui de nature orageuse, mélancolique, changeante et torturée, a été le personnage pour moi le plus intéressant et peut être celui à qui je me suis le plus identifiée. Lévine n’aime que la solitude, et il oscille entre désespoir et bonheur sans borne, entre exaltation et abattement le plus total. C’est son histoire avec Kitty,toute innocente, pure et charmante comme le sont les jeunes filles qui m’a le plus plu. Une histoire heureuse, au dénouement joyeux, a contrario de l’histoire de l’héroïne, Anna, qui vit un amour clandestin puis désapprouvé avec Vronski, dont Kitty sera au début amoureuse.

Je n’ai pas aimé le personnage d’Anna. Torturée à l’extrême, se laissant guider par des élans de passion, semblant se conduire inexorablement à sa perte. Elle m’a un peu exaspéré, beaucoup fait pitié, parfois dérangé, mais jamais je n’ai pu l’aimer. Il y a pourtant un passage avec elle, de toute beauté, où pendant un voyage en train ses états d’âme se fondent avec la tempête de neige qui a lieu dehors, où son affolement est aussi vif que les conditions climatiques. Mais pourtant, je n’ai jamais su apprécier son personnage.

J’ai pourtant énormément aimé ce roman, cette particularité de la littérature russe, les descriptions des paysages qui coïncident si bien aux états d’âme, cette rigueur des âmes et en même temps cet éclat du coeur russe. Il y a quelque chose d’indéfinissable dans ce roman qui à mon sens se marie très bien à un jour de pluie où affolées les gouttes tombent fortement sur le sol. A lire donc, de préférence par mauvais temps en regardant de temps à autre la pluie tomber. (et j’ose avouer que j’ai lu parfois en diagonale certains passages un brin philosophiques, qui à mon sens n’apportaient rien, mais donnaient sans doute l’opinion de Tolstoï sur certains point et problèmes de la Russie à cette époque.)

Quelques citations :
« Avoir des opinions dans une société où une certaine activité intellectuelle devient nécessaire avec l’âge, lui était aussi indispensable que de porter des chapeaux » (à propos de Stepane)
« Il lui disait précisément les mots que désirait son âme et que redoutait sa raison » (Etat d’âme d’Anna à propos de Vronski)
« Le gouffre c’était la vie elle même… »
« Une passion tragique à la Werther »
« Mais je suis comme un homme affamé à qui on a donné à manger » (Lévine, bien sûr)
« La liberté? Pourquoi la liberté? Le bonheur pour moi consiste à aimer, à désirer, à n’avoir plus d’autres pensées ni désirs que les siens, c’est donc la négation de la liberté, et c’est ça le bonheur » (encore Lévine)
« Amour pesant et tragique » (Vronski, pensant à sa liaison avec Anna)
« C’était le cri hardi, impertinent d’un nouvel être humain qui ne prenait rien en considération et qui venait de surgir d’on ne sait où »
« Comme un instrument, je puis encore être de quelque utilité, mais en tant qu’homme je ne suis plus qu’une ruine. » Vronski.

« Mais désormais toute ma vie, chacun des instants de ma vie, indépendamment de ce qui pourra m’arriver, aura un sens, un caractère dont j’aurai le pouvoir de le revêtir, celui du bien » (Levine, enfin appaisé)

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