Jane Eyre de Charlotte Brontë.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… 
Proverbe juste s’il en est, que j’ai encore illustré aujourd’hui.
J’ai lu Jane Eyre pour la première fois quand j’étais adolescente, et le roman m’avait prodigieusement gonflé. J’en avais le souvenir de quelqu’un chose de long, de lourd, et de pesant. De profondément « victorien » en réalité.

Oui mais voilà, l’un de mes livres favoris, est L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde. Je me suis fait la réflexion qu’il était impossible de lire correctement ce roman si on avait pas connaissance de l’histoire de Jane Eyre, si l’on ne connaissait pas un temps soi peu le roman originel.
Bref, me voilà à farfouiller dans wikisource, parfois j’ai des envies subites, et hors de question d’acheter un livre que je suis persuadée de ne pas aimer.
Je commence la lecture. Et je relève la tête au mot fin.

Cette fois, Jane Eyre m’a vraiment embarquée, je suis vraiment rentrée dans le roman.

L’histoire se passe en Angleterre, et Jane, l’héroïne, est une petite orpheline, laissée aux soins de sa tante par alliance, une femme qui la considère comme une mauvaise enfant. Jane n’a pas sa place dans cette maison où seuls les enfants de Mrs Reed (la tante) sont bien vus. Elle tente de se faire toute petite, d’échapper aux remontrances des uns, à la tyrannie de son cousin, et finit par tomber malade, après avoir été enfermée dans une chambre qui a la réputation d’être hantée. Suite à cela, elle finit par être envoyée dans une pension pour orpheline où elle va trouver un certain réconfort. Pourtant, au début, les temps sont durs pour les pensionnaires. Peu de nourriture, un froid de canard, des maladies… Mais Jane s’y sent pourtant mieux et se fait même une amie Helen.
Je ne dévoilerais pas les détails de cette partie du récit, il me semble qu’il vaut mieux laisser quelques surprises au possible lecteur.
Quoiqu’il en soit, quand elle a dix huit ans, Jane est engagée pour être préceptrice chez Monsieur Rochester, dont la maison est tenue par Mme Fairfax. Elle doit s’occuper de la pupille de son employeur, une jeune gamine vive et théâtrale, dont la mère est française.
Jane va finir par tomber amoureuse de Monsieur Rochester malgré le caractère sombre de ce dernier et son physique particulier. Oui mais voilà, tout n’est pas si simple. Le sort et la société et ses règles semblent s’être liés pour empêcher leur amour. Je n’en dis pas plus 🙂

Pour en venir à mon avis, j’ai adoré le personnage de Monsieur Rochester, sombre, âme tumultueuse et agitée, intelligent et sarcastique, désabusé mais tendre.
Jane quant à elle est franche, spontanée, a tendance à dire ce qu’elle pense sans ambages, mais a un profond sens du devoir et de ce que l’on doit faire. Elle ne se rebelle que quand elle estime que quelque chose n’est pas juste. Certains la trouvent un peu pudibonde, trop soucieuse de la bienséance, mais il ne faut pas oublier que le roman date de la fin du 19ème siècle et qu’alors la société était dirigée par des règles très strictes. A mon sens, Jane n’aurait pas pu avoir un autre comportement. En cas contraire le roman aurait été entaché d’une aura de scandale et n’aurait peut être pas eu le même succès. Pour moi, elle est parfaite comme elle est, avec ses défauts et ses qualités.

Un autre bon point du roman, les descriptions. Ah que la campagne anglaise me semble bucolique et tourmentée ! Que l’on a envie en lisant ce livre de mettre le nez dehors et d’aller sur les chemins tortueux de quelque campagne déserte. La poésie de ces esquisses de nature et de paysages m’a vraiment touchée.

Au final, cette histoire d’amour est l’une des plus belles de la littérature, à mon sens bien sûr.

Quelques petits extraits, comme d’habitude.

« mon esprit flamboyait comme un tas de bruyères embrasées ; mais de même que celles-ci, après avoir été enflammées, ne laissent plus que cendres, mon âme se trouva anéantie… »
« J’avais goûté la vengeance pour la première fois ; comme les vins épicés, elle me sembla agréable, chaude et vivifiante ; mais l’arrière-goût métallique et brûlant me laissa la sensation d’un empoisonnement. »
« Ce travail achevé, je ne rentrai pas encore ; la rosée donnait un doux parfum aux fleurs, la soirée était sereine et chaude ; l’orient empourpré promettait un beau lendemain ; à l’occident la lune se levait majestueuse ; je remarquais toutes ces choses, et j’en jouissais comme un enfant peut en jouir. »
« À l’horizon, un beau ciel d’azur marbré de taches blanches comme des perles. »
« J’étais à un mille de Thornfield, dans un sentier connu pour ses roses sauvages en été, ses noisettes et ses mûres en automne, et qui même alors possédait encore quelques-uns des fruits rouges de l’aubépine ; mais en hiver son véritable attrait consistait dans sa complète solitude et dans son calme dépouillé. Si une brise venait à s’élever, on ne l’entendait pas ; car il n’y avait pas un houx, pas un seul de ces arbres dont le feuillage se conserve toujours vert et fait siffler le vent ; l’aubépine flétrie et les buissons de noisetiers étaient aussi muets que les pierres blanches placées au milieu du sentier pour servir de chaussée. »
« un jour vous arriverez aux écueils, un jour votre vie se brisera dans un tourbillon tumultueux en une bruyante écume ; alors vous volerez sur les pics des rochers comme une poussière liquide, ou bien, soulevée par une vague puissante, vous serez jetée dans un courant plus calme. » (M Rochester)
« Sa présence dans une chambre était plus réjouissante pour moi que le feu le plus brillant. »
« Jane Eyre, si ardente dans son espoir ; Jane Eyre, qui avait été presque femme, n’était plus qu’une jeune fille triste et seule : sa vie était décolorée et ses rêves détruits ! »
L’image est tirée de l’adaptation de Jane Eyre par la BBC en 2006 (il faut que je déniche ça, je meurs d’envie de la voir !)
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2 commentaires pour Jane Eyre de Charlotte Brontë.

  1. maggie dit :

    Décidément, tout le monde a lu ce chef d'oeuvre sauf moi ! Ca fait un moment que je dois lire ce roman… Et il est tout en haut de ma PAL… Il fait partie des livres prioritaires de ma PAL : j'espère que je vais moi aussi "être embarqué" dans cette histoire (mais je n'en doute pas un instant !).

  2. maggie dit :

    stp, peux-tu me donner le nom du tableau ? Je suis en trian de préparer un billet où je présente les participantes du challenge shakespeare et je voudrais mettre une image qui représente le blog de chacune… Merci d'avance !

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