La tragédie d’Othello, le Maure de Venise, de William Shakespeare.

Je n’avais pas encore eu l’occasion jusqu’à présent de me pencher sur ce classique. Mais comme je me suis inscrite au challenge Shakespeare, j’ai une motivation de plus pour lire le théâtre de ce fabuleux auteur.

L’histoire? L’action commence à Venise où Othello vient d’épouser la belle Desdémone, contre l’avis du père de celle-ci. Après cette révélation, ils partent séparement à Chypre, où Othello est nommé.

Une histoire qui semble commencer bien non? Un valeureux guerrier, qui s’il est « maure », a trouvé femme assez intelligente pour faire fi du racisme, (à l’époque cela me semble notable non?), et qui est reconnu par sa hiérarchie.
Oui mais voilà, il y a quelque chose de pourri dans l’histoire. Enfin, quelqu’un. Iago, qui a pris en grippe le Maure parce qu’il ne l’a pas nommé à un poste qu’il jugeait mériter.
Alors, commence l’implacable machination tissée par le retords Iago. Et personne ne pourra l’arrêter…

Encore une fois, je suis restée scotchée par le talent de caractérisation de personnages de Shakespeare. Desdémone est angélique et loyale, Othello doute profondément de lui même et est d’une naïveté sans bornes, et Iago, est d’un machiavélisme hors du commun.
 On sent dès les premières lignes que la tragédie aura lieu. Pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de frémir, d’espérer une issue autre, et de plaindre les victimes de Iago. Othello est si humain qu’on pourrait avoir l’impression qu’il a vraiment existé, qu’il a vraiment souffert tous les tourments de la jalousie et de la trahison.

Je me suis fait la réflexion en fermant le livre qu’il faudrait que j’ai le courage de lire Shakespeare dans le texte, en anglais, pour apprécier pleinement ses œuvres.

Et quelques extraits, parce que ça vaut vraiment le coup :
« Pour peu qu’on se tienne sur la plage écumante, les flots irrités semblent lapider les nuages ; la lame, secouant au vent sa haute et monstrueuse crinière, semble lancer l’eau sur l’ourse flamboyante et inonder les satellites du pôle immuable. »

Othello : -« Ah ! mon oiseau, si tu es rebelle au fauconnier, quand tu serais attaché à toutes les fibres de mon cœur, je te chasserai dans un sifflement et je t’abandonnerai au vent pour chercher ta proie au hasard !… Peut-être, parce que je suis noir, et que je n’ai pas dans la conversation les formes souples des intrigants, ou bien parce que j’incline vers la vallée des années ; oui, peut-être, pour si peu de chose, elle est perdue ! Je suis outragé ! et la consolation qui me reste, c’est de la mépriser. ô malédiction du mariage, que nous puissions appeler nôtres ces délicates créatures et non pas leurs appétits ! J’aimerais mieux être un crapaud et vivre des vapeurs d’un cachot que de laisser un coin dans l’être que j’aime à l’usage d’autrui ! Voilà pourtant le fléau des grands ; ils sont moins privilégiés que les petits. C’est là une destinée inévitable comme la mort : le fléau cornu nous est réservé fatalement dès que nous prenons vie… »
           
– » Le ciel aurait Voulu m’éprouver par des revers, il aurait fait pleuvoir toutes sortes de maux et d’humiliations sur ma tête nue, il m’aurait plongé dans la misère jusqu’aux lèvres, il m’aurait voué à la captivité, moi et mes espoirs suprêmes ; eh bien ! j’aurais trouvé quelque part dans mon âme une goutte de résignation. Mais, hélas ! faire de moi le chiffre fixe que l’heure du mépris désigne de son aiguille lentement mobile ! Pourtant j’aurais pu supporter cela encore, bien, très bien ! Mais le lieu choisi dont j’avais fait le grenier de mon cœur, et d’où je dois tirer la vie, sous peine de la perdre ! mais la fontaine d’où ma source doit couler pour ne pas se tarir ! en être dépossédé, ou ne pouvoir la garder que comme une citerne où des crapauds hideux s’accouplent et pullulent !… Oh ! change de couleur à cette idée, Patience, jeune chérubin aux lèvres roses, et prends un visage sinistre comme l’enfer ! »

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6 commentaires pour La tragédie d’Othello, le Maure de Venise, de William Shakespeare.

  1. Irrégulière dit :

    J'ai beaucoup de Shakespeare en éditions bilingues pour pouvoir me reporter au texte original, mais directement en VO c'est impossible (pour moi). Sinon, cette pièce est loin d'être ma préférée, cette violence conjugale me terrifie !

  2. Eiluned dit :

    Irrégulière : Ce n'est pas ma préférée non plus, pour l'instant c'est Hamlet, mais comme je n'ai lu que quatre pièces de Shakespeare, je peux toujours changer d'avis ^^

  3. maggie dit :

    Il me tarde de la lire ! Un classique que je n'ai pas encore lu de Shakespeare.Merci de ta participation…

  4. Aymeline dit :

    J'ai toujours eu peur de lire Othello tellement l'histoire semble horrible, mais après la lecture de ton article je suis bien tentée^^Sinon je te recommande aussi la version bilingue, j'ai lu Hamlet ainsi et c'est très agréable de lire les plus beaux passages en anglais. Mais ma pièce préférée de Shakespeare reste toujours Le Songe d'une nuit d'été et j'apprécie d'ailleurs le talent de Shakespeare a écrire des comédies et des tragédies avec le même génie.

  5. Eiluned, je viens de découvrir ton texte. Tu analyses avec justesse ce que l'on ressent à la lecture (ou vision) de la pièce. Moi non plus ce n'est pas ma préférée de Shakespeare. Trop noire? Pourtant Hamlet et Macbeth le sont tout autant! et c'est aussi une réflexion sur la condition de la femme et la violence qui lui est faite sans qu'elle puisse se défendre. Je vais ajouter ton lien dans la liste des participants dans ma Librairie. je ne l'avais pas vu chez Maggie. Pourras-tu la prochaine fois me mettre aussi un lien dans mon blog? Un double travail, c'est vrai. Mais comme cela on n'oubliera personne! Maggie et moi, nous avons décidé de faire un premier récapitulatif, fin avril. merci!Bonne semaine.

  6. Eiluned dit :

    J'en prends note claudialucia :)Ce ne sera pas une grosse contrainte, il faudra juste que je n'oublie pas ^^

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