L’impressionnisme et la mode, au musée d’Orsay.

Ceux qui me suivent depuis mon ancien blog le savent, j’ai une passion (totalement incontrôlée) pour l’histoire de la mode. Je peux me perdre des heures en cherchant sur internet des photos de robes, des gravures de mode, des tableaux… Alors, quand j’ai appris que la nouvelle exposition du musée d’Orsay porterait sur l’impressionnisme et la mode, je me suis promis que je ne la manquerais pas.

Pourtant, cela a failli arriver. Figurez vous que, le mardi, armée de mon calepin et d’un enthousiasme débordant, je suis arrivée aux portes du musée, qui affichaient « en grève ». Horreur… Voilà qui désorganisait totalement mon programme rigide et serré (il m’arrive d’être terriblement control freak), prévu pour deux petits jours à Paris. Agacée, j’ai passé la journée à faire les magasins et à marcher dans la capitale, histoire de me défouler, mais ceci est une autre histoire.

Mercredi matin, me revoilà aux portes du musée, avec sur mon visage un air de défi aux possibles grévistes. Mais les touristes formaient déjà une longue file, et le sourire m’est revenu. Après quelques échanges, en anglais s’il vous plait, avec une espagnole, un américain charmant, et un groupe de japonais, me voilà à piétiner en attendant l’heure inscrite sur mon ticket, qui m’ouvrirait le sésame…

Je me suis un peu baladée dans le musée en attendant et je ne résiste pas à vous montrer quelques tableaux qui m’ont marquée :

La vérité, par Jules Joseph Lefebvre, 1870

Mme de Loynes d’Amaury Duval. Qualifiée de « creepy » par des américains à côté de moi. (ça m’a bien fait rire)

Les romains de la décadence de Thomas Couture. Toile immense, et terriblement bluffante.

Je pourrais vous montrer encore beaucoup de tableaux, mais passons donc au vif du sujet, et à l’exposition.

Si l’on a jugé la mise en scène  un peu tape à l’oeil, que l’on parle de « dérive des expositions spectacles » , il faut surtout regarder à mon sens le contenu. Et quel contenu ! Alors certes, le gazon et les gazouillis d’oiseaux de la dernière salle sont un peu… Étranges, et déplacés, et le velours rouge des sièges placés comme pour un défilé m’a laissée perplexe, mais ce sont pour moi des détails.

Les robes, les tableaux, les photos, voilà l’intérêt, le reste, c’est pour faire parler les gens.

Même si les impressionnistes n’étaient clairement pas des illustrateurs de journaux des modes, ils ont peint la réalité de leur temps, la représentation de leur société, et nous ont laissé, sans le vouloir, un témoignage vibrant d’une époque où l’on s’habillait avec une classe et un panache certain. (Ce qui, sans vouloir faire ma ronchon, n’est plus vraiment le cas)

James Tissot, Octobre. (un des tableaux qui m’a le plus plu)

L’intelligence des œuvres choisies est de ne pas s’arrêter à la mode féminine, à une représentation « classique », avec les portraits de James Tissot notamment (que je ne croyais pas impressionniste d’ailleurs, et qui ne doit pas l’être), mais d’aller plus loin, avec des tableaux étonnants comme Rolla d’Henri Gervex, tableau certes d’une femme nue, mais avec les détails des dessous de l’époque, que l’on nous montre dans une petite vitrine à côté du tableau, ou encore de nous montrer la mode masculine, moins flamboyante, mais terriblement intéressante, et d’évoquer aussi, avec quelques extraits du Bonheur des Dames, quelques tableaux, et vitrines, le monde nouveau des grands magasins. Colifichets, chapeaux, tout une époque bouleversante de nouveautés, tourbillonnante et passionnante !

Rolla, par Henri Gervex.

Chez la modiste, Edgar Degas

Et puis, on y pense pas forcément, mais à cette époque il y a la photographie, et un précurseur, Eugène Disdéri. Inventeur, photographe officiel de l’Empereur, il photographiera même l’Algérie, lors d’un voyage avec Napoléon III. Mort ruiné, il laisse une œuvre prolifique.

Bien sûr, une exposition qui parle de mode ne serait pas complète sans gravures et journaux, et je peux vous dire que sur ce plan là, il y avait également de quoi faire…

Il est difficile de vraiment résumer une exposition qui vous en met plein la vue, alors je ne peux que vous inviter à aller la voir. Moi, je feuillette tous les jours le catalogue que j’ai rapporté, et je rêvasse devant les robes, éventails, tableaux, et autres choses qui me sont maintenant familières. Un voyage dans le temps en peinture et tissus…

Claude Monet, femmes au jardin

Frédéric Bazille, Scène d’été

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6 commentaires pour L’impressionnisme et la mode, au musée d’Orsay.

  1. Syl. dit :

    Oui, oui, oui !!! C’était très bien. Un seul bémol : le monde !
    Le tableau de Gervex est impressionnant. A voir cet homme, on ne pense pas à son suicide.
    Les chapeaux, ils étaient superbes ! Enfin… tout…
    Je prends ton lien !
    Bisous

  2. Eliza dit :

    Je lis ton billet après celui de Syl, c’est drôle vous n’avez pas retenu les mêmes tableaux😉 Mais du coup, obligé, je vais y aller !!!

  3. Shelbylee dit :

    Magnifiques tableaux ! J’ai trop envie d’y aller, c’est malin😉
    Ils ont recyclé Rolla, il était déjà dans l’expo Degas et le nu (mais le tableau est immense et magnifique, ca me fera plaisir de le revoir).

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